Snorkeling à Ko Kradan

par Eric Lon

Chaque fois que je reviens à Ko Kradan j’en remercie mentalement Jean, le sympathique québécois qui dirige l’agence de voyages South Tours, à Patong, car sans lui je n’aurai pas découvert ce petit bout de Paradis, presque secret…

Au départ de Phuket, Ko Kradan, ce n’est pas la porte à côté : on y va en deux jours et on en revient en une journée. Ce qui me fait retourner souvent dans cette jolie petite île tranquille, c’est la variété de ses paysages et de ses fonds sous-marins. L’aller passe par Phi-Phi, juste le temps de changer de bateau pour voguer jusqu’à Ko Lanta où il faut passer une nuit. Il y a le choix d’hébergement sur cette grande île allongée, baignant dans des eaux trop troubles pour y admirer les petits poissons, mais ses grandes plages invitent au farniente bronzant. Attention aux petites rivières tranquilles arrivant à la mer : parce qu’il n’y a pas de vagues, les familles y laissent barboter leurs enfants… C’est un concentré de bactéries, car toutes les cochonneries de l’intérieur de l’île aboutissent à la mer.

Si Ko Lanta vous plaît, vous pouvez y programmer deux nuits afin de découvrir d’un coup de hors-bord matinal l’île de Ko Rok, un parc national avec de beaux coraux. Ko Rok est également joignable en « barque à longue queue », ce qui prend plus de temps. Si vous avez « une faim de loup », vous vous régalerez dans une boulangerie-pâtisserie française, au centre de Ko Lanta où on réside surtout près des plages, et, le lendemain matin, il faut traverser l’île en voiture afin d’embarquer de l’autre côté, au niveau de la « vieille ville ». J’ai connu des traversées homériques à bord de véhicules quasi préhistoriques, crachant du noir, peinant dans la montée et dont on se demandait si les freins fonctionnent bien lorsque le moteur est coupé dans la descente… Maintenant il y a davantage de sécurité dans la traversée d’un foret domestiqué, et de celle qui est encore la jungle : c’est un dépaysement végétal garanti. Embarquement sur un navire pointu, « Petpailin », une compagnie de navigation plus fiable que « Tiger ». Il s’arrête en pleine mer afin d’embarquer le contrôleur des billets, et de transférer quelques passagers venant ou allant vers des petites îles voisine : la manœuvre est bien rodée.

La plus connue des voisines de Ko Kradan est Ko Mook, célèbre à cause de sa « grotte émeraude ». Elle vaut le détour par sa structure rocheuse qui oblige à nager dans l’obscurité avant de déboucher sur un trou de Paradis encadré par un cercle de falaises impressionnantes.

Si vous avez la chance de croiser sous une voûte basse une palanquée de touristes ne sachant pas nager, tirés par un robuste Thaïlandais, vos tympans s’en souviendront longtemps, car les barboteurs n’ont pas leur langue dans leur poche : cela fait partie du folklore touristique. À mon humble avis d’ancien Maitre-Nageur-Sauveteur, on devrait exiger un « permis de nager » pour éviter l’engorgement de sites touristiques pollués par des bataillons de barboteurs chinois et Indiens bardés de graisses et mal élevés.
Ko Kradan est une petite île allongée sur quatre kilomètres, avec deux kilomètres de sable blanc, au Nord, où se situent les lieux d’hébergement, les pieds dans l’eau. Il n’y a pas de quai et certains passagers sont surpris de quitter le navire en descendant une échelle, puis de devoir marcher sur la plage jusqu’à leur « Resort ». Si vous avez de gros bagages, ils sont transportés sur un petit chariot tiré à la force des bras et des jambes, car il n’y a ni voiture ni moto sur Ko Kradan, puisqu’il n’y a pas de route. Il n’y a pas de village et les travailleurs saisonniers viennent des îles voisines.

Résider quelques jours à Ko Kradan, c’est s’offrir la tranquillité garantie, d’autant plus que les « touristes à la journée » sont débarqués et concentrés sur un coin de plage. La marée peut surprendre les nageurs qui sont partis à marée haute pour explorer la grande barrière de corail située devant les plages et les bungalows : elle n’est pas profonde et sa richesse en coraux variés attire les nageurs débutants. Lorsque la marée se retire, il devient parfois difficile de trouver son chemin en nageant parmi les coraux et les oursins… À l’inverse, la marée basse fait le bonheur des marcheurs, avec chaussures aquatiques, qui s’aventurent vers les coraux tout en restant sur des fonds sablonneux. On pourrait presque se croire en Bretagne, avec le soleil en prime, à la recherche des petits coquillages, qu’il ne faut pas toucher.

Qui dit marée sur des fonds peu profonds, dits courants marins. Lorsque vous sentez que le courant vous pousse fort, nagez dans le sens du courant et regagnez le rivage lorsque vous le pourrez, car on s’épuise à nager contre le courant. Il n’y a pas de surveillants de baignade sur Ko Kradan, pas plus que sur les îles voisines. Cette grande barrière permet d’admirer de nombreux coraux, y compris des gorgones géantes.

Lors des mouvements de marée, la visibilité baisse dans les eaux peu profondes.
Il existe un unique centre de plongée avec bouteilles.

Si vous voulez nager avec palmes, masque et tuba en des eaux plus profondes, je vous suggère d’aller à l’Est, après la zone du Parc National, jusqu’à atteindre un cap rocheux. Les coraux y sont géants et les poissons plus gros, car ils viennent des grands fonds. Inutile de dépasser ce cap, car il n’y a aucune possibilité de rentrer à pied tant les rochers sont friables et escarpés. La seule plage du secteur sud-est est à plus d’un kilomètre. On y arrive facilement depuis le nord en suivant un petit sentier balisé : c’est la plage « du coucher de soleil ». En journée elle est déserte, mais elle se peuple à « l’heure magique ».

C’est grandiose pour les photos, mais c’est aussi le moment où les moustiques passent à table : emportez un révulsif végétal. J’aime faire du yoga au coucher du soleil, au Sud, pour me détendre, et au lever du soleil pour me dynamiser, au Nord.
Si vous voulez faire le tour de l’île, un pêcheur local vous montrera de beaux endroits, mais vous ne pourrez pas aborder sur deux plages Sud protégées par des rochers. L’idéal pour les atteindre, c’est d’utiliser un kayak, à condition de pouvoir affronter des vagues, si le vent se lève : ce n’est pas à la portée de tout le monde. Par beau temps, le tour de l’île en kayak prend 3 heures. Ici comme ailleurs, tout est question de préparation physique et technique.

Entraînez-vous avant de venir afin d’être performant pendant vos vacances, et réservez votre chambre en passant par une agence plutôt que de mendier un lit à la dernière minute, et échouer au purgatoire alors que vous rêvez de Paradis.

Les 30 et 31 décembre 2018, j’ai effectué le tour de Ko Kradan à la nage, avec un sac à dos étanche contenant eau et vivres de courses. Aux dires des locaux, et des gardes du Parc National, je suis le premier touriste à l’avoir accompli, à 68 ans. Je retournerai à Ko Kradan au début avril 2019 pour initier un projet double, pédagogique et écologique. 1 : donner envie à des adolescents des petites îles de devenir des enseignants de natation et d’apnée : ce métier n’y existe pas. 2 : les aider à nettoyer les plages oubliées où s’accumulent des montagnes de déchets plastiques … Peut être que la Fondation crée par Nicolas Hulot pourrait investir … Je vais montrer plusieurs vidéos sur ma chaîne You Tube Eric Lon

Eric Lon, kinésithérapeute, professeur de culture physique … www.eric-lon.com

Éric Lon, kinésithérapeute mézièriste AMIK, kiné globe trekkeur et randonneur expérimenté combine yoga et randonnées le week-end en Provence, Var, parc national des calanques Marseille, et en Himalaya, Inde, Spiti, en été.

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