Expériences au parc national de Tarutao

par Éric Lon

Le parc national marin de Tarutao est le second de Thaïlande, créé en 1974, et il regroupe 51 îles dont seulement trois sont habitables par les touristes. Tarutao est situé à l’extrême sud de la Thaïlande, juste à côté de la frontière avec la Malaisie dont il est séparé par le détroit de Malacca.
À l’origine, Tarutao, dont le nom signifie « ancien », formé de roches calcaires recelant des grottes et d’une impressionnante forêt primaire avec des collines dépassant 700 mètres, est tout le contraire d’un parc national récréatif : c’est une prison. Elle fut créée en 1936 pour emprisonner des « droits communs », et des « politiques », car, étant située à vingt kilomètres de la cote, dans des eaux infestées de requins, elle était sure aux yeux des décideurs de la capitale. Aujourd’hui les touristes peuvent visiter les lieux où vécurent et périrent un grand nombre de prisonniers maltraités. Un peu plus loin on enfermait dans de meilleures conditions des hommes politiques que le pouvoir voulait éloigner sans les tuer…

Tarutao est le chef-lieu du parc national portant son nom : on s’en rend compte dès qu’on pose le pied sur l’île, car il semble que tous les habitants portent un uniforme d’état, et qu’ils ont reçu l’ordre de ne pas sourire en travaillant. Deux types de logement sont proposés aux visiteurs. Les bungalows ont des chambres et des lits si grands qu’ils sont surtout destinés à accueillir des familles de Thaïlandais, lors de leurs vacances. Le principal problème est que le courant est rare, et que sans ventilateur on a tendance à ouvrir portes et fenêtres pour faire du courant d’air … Les singes du coin attendent que vous fassiez la sieste pour inspecter vos bagages et repartir avec tout ce qui se mange. N’allez pas vous plaindre, car il semble normal que les touristes payent aussi un tribut aux singes. Si un sanglier retourne la terre entre les bungalows, photographiez-le sans le déranger. Rien que pour cela, ça vaut la peine de séjourner à Tarutao-centre. Le parc loue aussi des petites tentes, pour deux personnes. Lors de mes premiers voyages, il y a une quinzaine d’années, on pouvait s’installer un peu n’importe où, mais aujourd’hui il y a des plateformes au-dessus du sable, qui évite la visite des bestioles nocturnes. Si vous n’aimez pas les bestioles, évitez Tarutao, car elles sont nombreuses… On parle d’un crocodile géant dans une grotte… Il n’y est plus. Dominez tout en assistant au coucher du soleil depuis un magnifique point de vue, réservé aux marcheurs…

Un restaurant d’état avec ses horaires stricts et ses demi-sourires homéopathiques permet de ne pas mourir de faim, mais n’en attendez pas plus du service. Si vous cherchez une ambiance plus sympa, parcourez 4 km à pied, ou en camion, et installez-vous dans un secteur plus convivial, avec une vingtaine de bungalows mitoyens : si vos voisins sont bruyants, tant pis… La plage est magnifique, pour bronzer et pour nager, mais inutile de prendre masque et tuba, car l’eau n’y est pas cristalline. Il en est de même sur l’ensemble des grandes plages de Tarutao, qui souvent semblent désertes, sauf lorsqu’une tribu de singes y vient. Ils ne sont pas agressifs, mais ils peuvent faire peur si vous les approchez. Là encore, si vous avez des choses à manger, vous risquez de devoir les céder, mais en contrepartie vous pouvez filmer… Vidéo You Tube : « Eric Lon chez les singes de Tarutao ».

Tarutao convient aux touristes spartiates, aimant la Nature et considérant qu’ils sont des hôtes privilégiés marchant sans bruit en ouvrant tout grands nos sens. En randonnant, j’ai vu de beaux serpents dans des arbres, avec des touristes qui ne les voient pas… On peut randonner vers des cascades et se baigner dans des trous d’eau et des petites rivières, si on ne craint pas de se faire pincer… Tarutao convient à ceux qui cherchent un brin d’Aventure : elle est garantie. On peut louer un VTT pour parcourir des pistes bétonnées qui montent et descendent beaucoup : puisque c’est un parc national, on laisse les feuilles s’accumuler dans les virages… Glissades risquées loin de tout.

Les autres îles principales sont à une cinquantaine de km de là, en pleine mer, avec des eaux limpides permettant d’admirer des coraux multiformes, et tous les animaux marins qui y vivent.
Pour que les touristes découvrent des îles paradisiaques, il faut qu’elles soient inhabitées. Les responsables gouvernementaux parquent les touristes sur l’une des plus petites îles de l’archipel : Lipe.

C’est une île-dortoir avec ses bungalows en rangs d’oignons, serrés les uns contre les autres. Sur plage de Pattaya-Lipe on trouve plus de touristes que de grains de sable. On ne vient pas à Lipe pour se reposer, mais pour faire la fête : c’est ce que pensent certains voisins bruyants … L’île Lipe étant microscopique il n’y a pas assez d’eau pour tous les touristes. J’ai le souvenir d’une douche malodorante avec démangeaisons cutanées. Lipe est une île bétonnée, mais il reste un petit cap préservé au sud-ouest, à condition d’aimer marcher dans ce qui reste de jungle, sans panneau indicateur. Je vous propose de découvrir ce petit bout de Paradis intact dans ma vidéo You Tube : « Île Lipe : trekking et apnée ». Lipe permet d’accéder aux autres îles, en barque de pêcheurs ou en hors-bord : il y a le choix et c’est bien organisé.

Si vous voulez dormir tranquille, loin des discothèques de plage, visez l’île voisine : Adang. Elle propose des tentes pour deux, à planter sous de grands arbres, presque les pieds dans l’eau. Jadis il y avait aussi un dortoir pour les groupes, mais au printemps 2018 j’ai eu le plaisir de constater que des bungalows en dur sont maintenant disponibles. Ils sont bien équipés et ils offrent une vue panoramique superbe. Pour voir d’un peu plus haut il faut transpirer un peu, si vous partez de bonne heure le matin, ou beaucoup transpirer aux heures chaudes, car un sentier au soleil, bien tracé, conduit en plusieurs points panoramiques. Si vous préférez marcher à l’ombre, visez « la cascade des pirates », où ils se ravitaillaient en eau douce. Un sentier en forêt conduit jusque-là où vous aurez envie de vous tremper, mais c’est le territoire des écrevisses qui pincent. Les singes d’Adang ne sont pas soumis aux mêmes tentations qu’à Tarutao : ils restent dans les arbres. Une barrière de corail protège les belles plages de sable blanc, mais attention aux courants. Plutôt que de courir des risques en nageant seul, mieux vaut partager un voyage organisé à la journée depuis Adang, vers les îles voisines : il y a le choix pour plusieurs jours.

Pour aller et revenir de Kradan, on peut viser la route, en 8 heures minimum depuis Phuket, via Satun, ou le bateau rapide via Ko Lanta, mais si la mer bouge, c’est un « tape cul » qui risque de vous faire mal au dos et ailleurs. On ne va pas au bout du monde sans y laisser quelques plumes … Documentaires vidéos d’Éric Lon sur You Tube

Eric LonEric Lon, kinésithérapeute, professeur de culture physique … www.eric-lon.com

Éric Lon, kinésithérapeute mézièriste AMIK, kiné globe trekkeur et randonneur expérimenté combine yoga et randonnées le week-end en Provence, Var, parc national des calanques Marseille, et en Himalaya, Inde, Spiti, en été.

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