Tûranor Planet Solar
Le Tûranor Planet Solar

Capitaine au long cours et passionné de voile, Erwann Le Rouzic commande maintenant le Tûranor Planet Solar qui a fait récemment escale à la marina d’Ao Po. Comment se retrouve-t-on donc tout d’un coup aux commandes d’un prototype révolutionnaire? Et quelles sont les différences avec la navigation sur un bateau classique?

« Un de mes amis a effectué la première partie du trajet mais a dû ensuite reprendre son poste sur le Ponant. Quand il m’a proposé de le remplacer, j’ai immédiatement été séduit par ce défi: boucler un tour du monde à bord d’un navire propulsé uniquement grâce à l’énergie solaire ».

« Le plus important, le plus déroutant au début, c’est d’apprendre comment tout cela fonctionne. L’autonomie est réduite mais la production d’énergie est permanente pendant la journée quand on dispose d’un bon ensoleillement »

« A ce sujet, la qualité des prévisions météorologiques est très importante puisqu’il faut choisir une route offrant un maximum d’ensoleillement. Comme je tiens le quart de 5 à 8 heures, j’arrive souvent en regardant l’aspect du ciel au lever du soleil à « sentir » quel sera l’ensoleillement de la journée et à choisir la route qui nous permettra d’éviter au mieux les passages nuageux. C’est là une petite touche humaine qui complète utilement les prévisions électroniques ».

« Un autre point essentiel, c’est que les impératifs horaires sont complèment différents de ceux de la marine marchande classique. Ici, nous devons seulement nous assurer que nous arriverons à franchir l’étape dans les meilleurs délais. Par contre, un navire classique doit impérativement arriver à destination au moment qui lui a été désigné par son opérateur, même s’il lui faut augmenter sa vitesse et consommer plus de fioul pour rattraper un retard. Sur le Tûranor Planet Solar, l’ensoleillement est le paramètre le plus important ».

« Une autre grande différence, c’est le silence et l’absence de vibrations. La propulsion du Tûranor Planet Solar est quasiment inaudible à part le faible battement des hélices. Cela donne au voyage une autre dimension: celle de se sentir encore plus proche de la mer et des éléments ».

Souhaitons donc « Bon soleil! » à nos tour-du-mondistes d’un style nouveau, qui n’auront même pas eu l’occasion de profiter de l’ambiance folle des nuits de Phuket: entre les approvisionnements, les visites officielles et les conférences de presse, ils n’auront pas eu le temps de voir grand’chose de la perle d’Andaman.

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Propos recueillis par P.v.K., photos de P.v.K

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