Snorkeling aux îles Surin

par Éric Lon

Les îles Surin sont des petits morceaux de Paradis tombés en Mer Andaman, plus loin que les îles Similan lorsqu’on vient de Phuket. Ce sont les premières îles protégées par les règles strictes des parcs nationaux que j’ai visités il y a quinze ans, lorsque j’ai commencé à fréquenter la Thaïlande. J’y suis retourné il y a quelques années, en ayant l’impression que rien n’y change, et c’est ce que j’ai à nouveau ressenti en y revenant en octobre 2018.

Visiter les îles Similan peut prendre des allures de course contre la montre quand part de Phuket le matin et qu’on y revient le soir, car il faut avaler 150 km de route à l’aller, et autant au retour, avec des embouteillages en plus.

Au parcours routier il faut rajouter plus d’une heure de navigation à pleine vitesse lorsque la mer est belle, et un temps plus important si ça remue. Je laisse ce type de voyage intensif à la journée aux « touristes stakhanovistes » qui comptent leurs étapes en heures assises. Je préfère la formule tranquille tout compris : « trois jours et deux nuits ». Lors de mes deux premiers voyages j’ai expérimenté les nuits sous tente, dans les deux campements homologués, mais aujourd’hui, à 68 ans, j’ai besoin de la quiétude des bungalows et je fuis la promiscuité des tentes champignons. En début de saison, trois hors-bords emportent chacun une quarantaine de passagers alors qu’en haute saison, la même compagnie en affrète une dizaine, et elle n’est pas la seule à desservir les îles Surin. Quand on le peut, mieux vaut choisir les moments de moindre affluence, à moins d’aimer : « Chinatown sur Mer ».

Notre première visite est pour le village des « Mokens », ces « Gitans des Mers », qui sont les seuls habitants autorisés sur les îles Surin. Leur petite communauté vit de la mer, mais pendant la saison touristique elle vit aussi du tourisme en fabriquant des petits souvenirs sculptés dans le bois sous les yeux des touristes bardés d’appareils photos. Ils peignent aussi des « Batiks Mokens » représentant des poissons, leurs îles …

Cette population a survécu au Tsunami car des dauphins leur ont fait pressentir l’arrivée des vagues géantes … Les gitans andamans sont animistes : ils croient aux forces de la Nature. Je suis un nageur rescapé du Tsunami … Après une courte visite on nous amène sur un spot corallien. Les barboteurs, surtout chinois, qui mon humble avis d’ancien Maitre-nageur-sauveteur feraient bien d’apprendre à nager à la plage avant de venir ici, revêtent un gîlet de sauvetage et écarquillent les yeux pour voir travers un masque flou, car ils ignorent qu’un peu de salive sur le verre ou le plastique permet de voir clair. Ils ne voient pas grand-chose, tout en poussant des cris qui font peur aux poissons …

Il y a beaucoup de choses à admirer car le bateau mouille à la limite du « Grand Bleu », c’est à dire la zone où le plateau corallien horizontal plonge vers la profondeur réservée aux apnéistes. Les barboteurs survolent les coraux proches de la surface tandis que j’accompagne une belle murène qui chasse. Les poissons se savent protégés et ils sont habitués aux touristes pacifiques, donc ils se laissent davantage approcher pour être photographiés et filmés.

Je me régale au milieu des coraux aux formes et aux couleurs variées. Lorsque vous savez regarder sous l’eau, vous découvrez une multitude de formes de vie. Je me demande ce que voient les barboteurs agrippés au bout d’un cordage que tire un moniteur d’apnée thaïlandais, qui aurait mieux à faire en éduquant de vrais nageurs plutôt que de tirer des boulets flottants. Les îles Surin pourraient valoriser la qualité plutôt que la quantité des touristes … Peut être qu’un jour on instituera un contrôle du « permis de nager » dans les parcs nationaux … Cela permettrait de créer des milliers d’emplois de maitres-nageurs sur les plages thaïlandaises, avant d’accéder aux plus belles îles.

Le déjeuner est bien organisé, avec un grand buffet où il y a du choix.

Chacun s’assoit à une table, tandis que dans les îles Similan, on mange sur le pouce, debout ou assis par terre … Après le déjeuner, ceux qui rentrent dans l’après-midi ont encore droit à deux spots coralliens, avec le même hors-bord, tandis que ceux qui ont opté pour la formule avec hébergement accèdent à leur bungalow. A 14 h nous embarquons sur une barque de pêcheur, dite « à longue queue », qui on nous conduit vers deux spots coralliens. Là encore les moniteurs tirent au bout d’une corde ceux qui ne savent pas nager, tandis que les nageurs, qui pourraient être éduqués par des locaux, se débrouillent comme ils le peuvent. A 16 h on nous ramène sur la plage et il y a bien des choses à admirer et à photographier avant le coucher du soleil et le diner qui débute à 18 h 20 précises. Je suis encerclé par des chinois affamés.

Le deuxième jour est magique car de l’aube au coucher je fais mille choses, en plongées collectives et en randonnée littorale via un sentier aménagé dans la jungle. Mes anciennes photos sont sur Flickr et mes vidéos récentes sur ma chaine You Tube car je ne me lasse pas de rajouter des images de ce que je vois, et que d’autres n’ont pas vu.

Le troisième matin la barque nous conduit vers de nouveaux spots coralliens, chacun différent des précédents, et dans l’après-midi on nous en offre encore deux. En fonction des courants le bateau reste au même endroit, ou bien il se déplace et nous récupère là où la mer nous pousse : c’est sécurisant. En fin d’après-midi on nous reconduit à terre et jusqu’à notre hôtel, à Phuket ou ailleurs. Je retournerai aux îles Surin en mars 2019 pour dire bonjour aux petits poissons. Si vous êtes bon nageur, participez à l’Aventure en contactant : South Tours …

Eric Lon, kinésithérapeute, professeur de culture physique … www.eric-lon.com

Éric Lon, kinésithérapeute mézièriste AMIK, kiné globe trekkeur et randonneur expérimenté combine yoga et randonnées le week-end en Provence, Var, parc national des calanques Marseille, et en Himalaya, Inde, Spiti, en été.

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