Taxi moto bangkok

Les cheveux tirés en arrière, la traditionnelle veste orange des « motos taxis » sur le dos, Ar est une des rares femmes à se frotter à cette profession risquée et physiquement éprouvante dans les rues de Bangkok.

« Il faut avoir le cœur bien accroché », confie la jeune femme dans un sourire. Les motos taxis sont un moyen de transport très utile pour échapper aux bouchons monstre de cette mégalopole de plus de dix millions d’habitants qui n’a cessé de se développer ces dernières années.

Casque de fortune tenant en équilibre sur le sommet de leur crâne ou tête nue, les chauffeurs embarquent les passants pressés — ou soucieux de ne pas transpirer en voiture — en zigzaguant au milieu des véhicules. Traditionnellement, cette corporation, tenue par une mafia liée à la police de l’aveu même de l’Association des motos taxis, est très masculine.

Mais de plus en plus de femmes apparaissent sur les bancs des stations informelles que l’on trouve à chaque coin de rue, avec souvent un parasol, un sofa défoncé, un panneau artisanal où les chauffeurs « pointent » et une glacière comme seul décor.

L’association des motos taxis de Thaïlande estime que désormais les femmes représenteraient jusqu’à 30 % des 130.000 chauffeurs de motos taxis à Bangkok, des chiffres invérifiables en l’absence de données officielles. Elles s’associent souvent dans les mêmes stations et sont moins visibles dans le centre-ville, encore très masculin, explique l’association.

Ar Satranon, qui fait figure de vétérane avec sept ans de mototaxi au compteur, se félicite du fait que les femmes deviennent de plus en plus « motosai », saluant « une nouvelle génération de femmes fortes et courageuses ». « Il y a des accidents dans la rue, donc c’est un travail risqué. Je ne suis pas une gentille fille: je suis dure et j’aime faire de la moto, c’est pour ça que je fais ce métier », ajoute-t-elle.

Flexibilité

Chaloem Changtongmadun, président de l’association des motos taxis de Thaïlande, explique l’afflux de femmes dans la profession par leur recherche de flexibilité, dans ce pays marqué par une importante économie informelle — du vendeur de fruits ambulants aux marchandes tenant des stands de « street food», où le chômage est quasi inexistant.

« Avant, je travaillais dans une usine, et quand j’avais des problèmes familiaux par exemple mon enfant qui tombait malade, c’était assez difficile de prendre des congés », raconte Somjit Lalert, responsable d’une station de moto taxi.

« Mon mari travaille déjà ici. C’est un boulot assez indépendant qu’on peut faire quand on veut, on peut partir si on est fatigué ou si on a quelque chose d’autre à régler », ajoute-t-elle.

En fonction du temps travaillé, les chauffeurs interrogés par l’AFP disent réussir à gagner entre 500 et 1.200 bahts par jour (entre 13,50 et 32 euros), dans un pays où les ouvrières d’usine sont souvent au minimum légal de 300 bahts par jour (8 euros).
Source : www.lecourrier.vn

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